Le programme détaillé de la fête du jardin des ronces

Un programme bien remplir pour profiter à fond de la fête du printemps au Jardin. Cette année, nous avons décidé d’organiser la fête du 2 jours, afin de pouvoir camper le soir au jardin si on le souhaite, et prendre le temps d’organiser pleins d’ateliers sympas !

Quelques détails supplémentaires liés au programme :

  • Un jeu balade sous forme de « chasse au trésor » sera proposé aux enfants le samedi après-midi (et au plus grand) pour partir à la découverte du jardin – en auto-gestion / avec l’aide d’adultes si possible.
  • L’atelier dessin de 15h à 16h le samedi est proposé par l’artiste plasticien et dessinateur « Looking for Vibrations ». Il vous propose de vous accompagner dans la réalisation d’un dessin d’observation. Aucun niveau spécifique n’est recquis, débutant-es comme avancé-es sont les bienvenu-es. Vous pourrez choisir le sujet que vous voulez. Les conseils et partages d’expériences donnés ont vocation à être appropriables par toustes et il n’est pas question d’imposer une façon de faire académique
  • A 16h15, à la suite, Nicole propose un dialogue collectif autour des usages de plantes communes entre le Mexique et la France. Au cours de cet atelier, certaines plantes seront abordées, dans le but d’apprendre les usages (alimentaires et médicinaux notamment), et de partager sur les usages populaires de ces deux régions du monde
  • A 17h30, Diego Ugalde qui est marionnettiste depuis 2003. Il a appris différentes techniques traditionnelles pour raconter des histoires modernes. Il a étudié l’art du Karagöz auprès du maître Cengz Ozek à Istanbul et voici sa première adaptation. L’oeuvre de Kazagöz et Sahmeran s’inspire d’un conte traditionnel kurde. Karagöz a, une fois de plus, des démêlés avec la police. Pour rembourser ses dettes, il doit partir à la recherche d’un miel magique. Perdu dans une cave, Karagöz rencontrera la mythique Reine des Serpents, déesse de la nature. Cette rencontre magique déclenchera une série d’événements qui, une fois encore, le plongeront dans des ennuis avec la justice !

Parlez-en autour de vous, invitez vos ami-es/voisin-es/familles !

Adresse : 24-26 rue de la papotière (en face du cimetière)

Vous pouvez garer vos vélos au niveau du cimetière ou sur le rack à vélo à l’entrée du jardin

🌸 C’est le retour de la fête du printemps du Jardin des ronces !


Le collectif du jardin vous invite à ce temps festif et cette fois-ci, on vous propose un programme qui s’étend sur 2 jours avec possibilité de camper sur place pour profiter des étoiles 🌟

Le programme détaillée avec les horaires et la description des ateliers sera publié très bientôt ! Restez à l’affut 👀

Au programme sur les 2 jours :
– Des visites du jardin et du quartier 🙂
– Des stands de collectifs/associations (Watizat, Wontanara44…)
– Un jeu balade sous forme de quizz pour les enfants (et les plus grands) pour partir à la découverte du jardin
– Un temps créatif de dessin pour s’initier à l’observation avec l’artiste Looking For Vibrations✏️
– Un dialogue collectif animé par une ethno-botaniste pour faire le lien entre des plantes du Mexique et de France
– Une balade avec un botaniste pour partir à la découverte des plantes
– Du théâtre d’ombre et marionnettes
– Des concerts, pour petits et grands🎵

& tout ça en mangeant et en buvant des coups ! 🫓🥃

On espère vous y voir nombreux.ses 😀

Et un grand merci à Vincent pour la réalisation de cette superbe affiche.

Les Ronces à la Dérive

Nous serons à la Dérive vendredi 28 mars pour une vente de produits du jardin : tisanes, chutney de tomates vertes, confitures et bouquets garnis.

Cantine végane à prix libre concoctée par la Croutine

Vive le vent d’hiver

L’hiver commence à se faire long mais les premiers signes de la fin de cette calme période pointent déjà le bout de leur nez au jardin : des bourgeons qui s’éclaircissent, les jonquilles en fleurs, les rhubarbes qui sortent de leur dormeur, … Avant que toute notre énergie ne soit tournée vers une nouvelle saison maraichère (mais pas que), nous avons profité de ces mois plus calme pour prendre soin de ce lieu de vie qu’est le jardin des Ronces.

(re)Construction en pagaille

Après quelques années dans un triste d’état, l’observatoire est à nouveau accessible. C’est avec plaisir qu’on redécouvre la vue de si haut et les céramiques dessinant un futur souhaitable. Un petit préau a aussi été construit à coté du four à pain, récréant un espace de plus en plus accueillant. Nous avons récupéré de nombreuses palettes qui nous aideront à finir d’aménager cette zone.
Si vous n’êtes pas très jardin mais plutôt bricolage, vous pouvez nous rejoindre pendant les chantiers pour avancer sur ce genre d’activités. Surtout que d’autres projets sont en attente, notamment d’une météo moins pluvieuse : abris à bois de chauffe et d’œuvre, cabane à outil, retapage de la cabane, …

Four à pain et premières pizzas

Cet été, nous avonsréparé le four à pain et tout récemment, nous avons enfin fait nos premières pizzas. Malgré le conseil des ancien.nes usager.es et notre nouvel équipement fait maison, nous avons un peu de travail pour bien maitriser le four (nos pizzas étaient tout de même délicieuses!). Si l’usage du four vous intéresse, contactez nous. Nous essaierons de faire régulièrement des chauffes et de réfléchir à son usage si d’autres personnes sont intéressées. D’ailleurs, le dimanche 1er mars, si le temps le permet, une nouvelle chauffe du four à pain est prévue. Prévoyez tout de même votre casse croûte, les pizzas seront en bonus. 

Et plein d’autres choses

Un nouveau chantier commun avec les greniers début février avec plantation d’arbres (toujours dans le but de créer des haies fruitières), le retour de parcelles individuelles avec un nouveau jardinier (et, nous l’espérons, bientôt d’autres), de l’attention pour nos différentes cultures (buttage de poireaux, déplacement des rhubarbes, nettoyage et paillage des fraisiers, …), la récupération de greffons de nos arbres, …

Les composteurs sont maintenant utilisables et bien alimentés par l’Autre Cantine. Si vous passez avec vos restes alimentaires, ca sera à verser dans le gros bac central en ajoutant du broyat stocké dans le bac de gauche.

N’hésitez pas à venir nous rendre visite par un beau dimanche, histoire d’humer l’air printanier qui slalome entre les allées de ronces, ou de glisser les mains dans la terre ! Nous seront également à la Dérive le vendredi 27 mars, pour une vente à prix libre de produits fait par nos soins et un possible atelier créatif de confection de panneaux.

A très vite au jardin ou ailleurs

Retour sur la conférence « Repolitiser le spatial » entre l’Atelier Georges et Karim Lahiani

Le 2 décembre, une conférence était organisé à l’école d’architecture de Nantes, dans le cadre d’une exposition nommée « Territoires en transition ». Un contexte tout ce qu’il y a de plus officiel, organisé par l’école et en lien avec la DREAL (direction régionale de l’environnement, l’aménagement et du logement). Pas vraiment les évènements que nous sommes habitué.es à aller suivre.

Cette conférence a néanmoins piqué notre curiosité car elle regroupait Charles Rives de l’Atelier Georges, nouveau maître d’œuvre du projet Doulon Gohards, et Karim Lahiani, urbaniste ayant proposé un contre projet en lien avec Sauvons les Gohards. Tout cela avec un titre accrocheur «  Repolitiser le spatial ». Sous titre « comment les tensions à Doulon Gohards renouvellent les pratiques et les cultures du projet ».

Avant la dernière mobilisation (avril 2024) organisée par Sauvons les Gohards, une réunion sur le même sujet, mais moins officiel, était annulée par la direction de l’école qui forçait tout le petit groupe, dont le même Karim Lahiani, a trouver une autre salle de dernières minutes. C’est donc avec une certaine malice que nous tenions à aller écouter cette opposition politique  souhaitée par la direction.


Après une longue introduction du directeur, brossant le poil de tous ses partenaires, Charles Rives pose la problématique du jour . Il évoque le conflit entre la puissance publique et la métropole en croissance et ses habitant.es, et la possibilité d’un espace de négociation, une coexistence, entre le projet idéal non ancré dans le réel (qui décide ce qui est dans le réel ??) et la puissance publique qui ne bouge pas du projet initial.

Le programme est donnée : une première phrase de contexte sur le projet, une deuxième sur la dialogue et la (re)politisation du spatial et enfin une conclusion.


Le contexte, nous serons bref ici (si vous êtes déjà venu.es, c’est souvent par cela que nous commençons notre histoire). Passé maraîcher, puis départ dans les années 70/80 dû à la pression métropolitaine et aux pratiques intensives naissantes, peu adaptées aux petites parcelles du vieux Doulon.

 L’historique du projet, nous le connaissons un peu moins. Dans les années 2000, la ville estime sa réserve foncière à 200ha. Et depuis lors, la population a pris 25%. Pour faire quelques comparaisons (pas faite ce jour là), la métropole a gagné 45 000 personnes entre 2016 et 2022. Avec les 2300 logements de Doulon Gohards (soit environ le double en nombre de personne), un tel projet n’accueillerai même pas une année de nouveaux arrivants. Sans même parler des personnes qui vivent déjà à Nantes dans la précarité. Bottière Chenaie avait déjà bétonné 35ha pour tenter de répondre à ce problème insoluble.

Revenons au projet. En 2005 (Bottière Chenaie n’existe pas encore), les 1ères études de faisabilité sont faites. Puis depuis 2012, le projet est rentré dans sa phase active. Notre intervenant nous parle d’un projet innovant (nous découvrons le terme agroquartier, qui ringardise déjà les écoquartiers) bien qu’il conserve sa logique descendante, laissant en marge la parole publique.

S’en suit une contextualisation de la lutte contre le projet. La crise des gilets jaunes, la convention citoyenne pour le climat, la loi zéro artificialisation nette, Nantes en Commun au municipal et le début de la contestation de Sauvons les Gohards. Nous n’existons pas dans ce descriptif. Pourtant, L’Atelier Georges nous connaît puisque nous avions été contacté il y a quelques mois. Nous sommes, sans surprise, dans l’opposition non ancrée dans le réel.


Karim Lahiani prend ensuite la parole. Sollicité par Nantes en Commun en 2023 pour réaliser un contre projet. Il insiste sur la nécessité de repolitiser le métier d’architecte en mettant les projets dans le débat publique. Le but du projet est d’être un manifeste qui peut faire évoluer les imaginaires et les pratiques.

Une grande partie de son intervention est une description du contre projet dont on ne fera pas ici la description (on vous laisse le soin d’aller chercher les détails qui vous intéresse).


Dans ce contexte d’opposition, Charles Rives décrit l’arrivée de l’Atelier Georges sur le projet. L’histoire racontée est magnifique : l’Atelier Georges croit au service publique, au dialogue citoyen. Iels posent dès le début leur condition : refaire des études de sol détaillées et discuter avec les artisans de ce contre projet. De là, les modifications qu’on vous détaillait dans un article précédent : diminution des espaces bétonnées, et donc du nombre de logement (6ha de moins sur les 50 initialement prévu, de 2700 à 2300 logements). Un nouveau « plan guide » dur  à comprendre pour les non architectes que nous sommes : on comprendra que leurs plans seront les mêmes qu’auparavant mais avec plus d’informations, plus d’actualisation (pareil, mais mieux, attention !).


Il faut ensuite conclure. Et c’est tache ardue quand rien ne change mais qu’il faut montrer l’inverse. En fait, l’Atelier Georges n’a pas tous les pouvoirs car c’est l’état et/ou la métropole qui décide. En fait, l’Atelier Georges et Karim Lahiani n’ont pas vraiment pu discuter (même si tout reste à construire bien évidemment). On n’évoque maintenant la conditions des roms mais pour mieux s’extraire de toute responsabilité (l’atelier Georges doit gérer les compensations environnementales, pour ce qui est des expulsions, il ne peut rien faire).


Voila, c’est fini. Quelques questions et au revoir. Nous sommes un peu décu.es. Où est l’opposition des points de vue ? Selon quels critères discerne-t-on entre le discutable et le non discutable ? Quand peut-on nommer qu’aucun point de ce qu’ils circonscrivent comme « espace du discutable » ne coïncide avec la perspective d’une habitabilité de la planète dans les siècles à venir ? Le raisonnable n’aurait-il pas perdu la raison ? N’y a-t-il pas une façon d’influer sur le réel (n’est-ce pas le rôle du politique ?) pour que ce qui apparaît comme inéluctable ne le soit plus ? Ces 45 000 personnes doivent-elles être perçues comme une fatalité, alors même que Nantes Métropole s’active tous azimuts pour grossir et grossir encore ?  

De l’Atelier Georges, nous n’attendions pas autre chose. Charles Rives travaille pour la ville, dans ce projet comme dans d’autres (notamment le nouveau CHU, également très critiqué). Nous ne doutons pas qu’il souhaite faire au mieux, qu’il proposera à la ville les aménagements les plus écologiques, avec le plus de norme. Mais il a déjà accepté le cadre, la doctrine politique de la métropolisation, son rôle dans la machine de l’urbanisation.

La place de Karim Lahiani pose plus questions. Dans cette scène d’un réformisme banal, il a le rôle d’opposition mais permet surtout à l’Atelier George de se placer en raisonnable. Quelle remise en cause structurelle est possible quand on permet aux aménageurs de dérouler leur discours ? Car cette fois ci encore, on nous expose une nouvelle manière de concevoir la ville qui sera bien plus inclusive et écologique que la précédente.

Au delà de légitimer le projet ce jour là, le rôle des contre projets est également un sujet discussion entre nous. Répondre à un projet d’urbaniste par… un autre projet d’urbaniste. N’est on pas dans la même situation que l’écoquartier qui répond à au quartier ? (ou, pour être à la pointe de la modernité, l’agroquartier à l’écoquartier). Il existe déjà de nombreuses dynamiques à Doulon, hors du champ de la mairie et de ses aménageurs. Et les besoins en logement ont des causes qui dépassent très largement le champ d’action d’un projet d’urbanisme. En répondant par la même voie aux projets que nous critiquons, nous légitimons l’existence même d’un projet, son vocabulaire, sa nécessité, ses objectifs. Cette voie nous condamne à dépendre des mêmes experts qui mettent en œuvre ces projets. Et, au final, ne nous condamne-t-elle pas à proposer de grandes nationales au lieu des autoroutes, et des aéroports régionaux plutôt que des nouveaux hubs de transports européens ?

Bref, tout changer pour que rien ne change…