Vive le vent d’hiver

L’hiver commence à se faire long mais les premiers signes de la fin de cette calme période pointent déjà le bout de leur nez au jardin : des bourgeons qui s’éclaircissent, les jonquilles en fleurs, les rhubarbes qui sortent de leur dormeur, … Avant que toute notre énergie ne soit tournée vers une nouvelle saison maraichère (mais pas que), nous avons profité de ces mois plus calme pour prendre soin de ce lieu de vie qu’est le jardin des Ronces.

(re)Construction en pagaille

Après quelques années dans un triste d’état, l’observatoire est à nouveau accessible. C’est avec plaisir qu’on redécouvre la vue de si haut et les céramiques dessinant un futur souhaitable. Un petit préau a aussi été construit à coté du four à pain, récréant un espace de plus en plus accueillant. Nous avons récupéré de nombreuses palettes qui nous aideront à finir d’aménager cette zone.
Si vous n’êtes pas très jardin mais plutôt bricolage, vous pouvez nous rejoindre pendant les chantiers pour avancer sur ce genre d’activités. Surtout que d’autres projets sont en attente, notamment d’une météo moins pluvieuse : abris à bois de chauffe et d’œuvre, cabane à outil, retapage de la cabane, …

Four à pain et premières pizzas

Cet été, nous avonsréparé le four à pain et tout récemment, nous avons enfin fait nos premières pizzas. Malgré le conseil des ancien.nes usager.es et notre nouvel équipement fait maison, nous avons un peu de travail pour bien maitriser le four (nos pizzas étaient tout de même délicieuses!). Si l’usage du four vous intéresse, contactez nous. Nous essaierons de faire régulièrement des chauffes et de réfléchir à son usage si d’autres personnes sont intéressées. D’ailleurs, le dimanche 1er mars, si le temps le permet, une nouvelle chauffe du four à pain est prévue. Prévoyez tout de même votre casse croûte, les pizzas seront en bonus. 

Et plein d’autres choses

Un nouveau chantier commun avec les greniers début février avec plantation d’arbres (toujours dans le but de créer des haies fruitières), le retour de parcelles individuelles avec un nouveau jardinier (et, nous l’espérons, bientôt d’autres), de l’attention pour nos différentes cultures (buttage de poireaux, déplacement des rhubarbes, nettoyage et paillage des fraisiers, …), la récupération de greffons de nos arbres, …

Les composteurs sont maintenant utilisables et bien alimentés par l’Autre Cantine. Si vous passez avec vos restes alimentaires, ca sera à verser dans le gros bac central en ajoutant du broyat stocké dans le bac de gauche.

N’hésitez pas à venir nous rendre visite par un beau dimanche, histoire d’humer l’air printanier qui slalome entre les allées de ronces, ou de glisser les mains dans la terre ! Nous seront également à la Dérive le vendredi 27 mars, pour une vente à prix libre de produits fait par nos soins et un possible atelier créatif de confection de panneaux.

A très vite au jardin ou ailleurs

Retour sur la conférence « Repolitiser le spatial » entre l’Atelier Georges et Karim Lahiani

Le 2 décembre, une conférence était organisé à l’école d’architecture de Nantes, dans le cadre d’une exposition nommée « Territoires en transition ». Un contexte tout ce qu’il y a de plus officiel, organisé par l’école et en lien avec la DREAL (direction régionale de l’environnement, l’aménagement et du logement). Pas vraiment les évènements que nous sommes habitué.es à aller suivre.

Cette conférence a néanmoins piqué notre curiosité car elle regroupait Charles Rives de l’Atelier Georges, nouveau maître d’œuvre du projet Doulon Gohards, et Karim Lahiani, urbaniste ayant proposé un contre projet en lien avec Sauvons les Gohards. Tout cela avec un titre accrocheur «  Repolitiser le spatial ». Sous titre « comment les tensions à Doulon Gohards renouvellent les pratiques et les cultures du projet ».

Avant la dernière mobilisation (avril 2024) organisée par Sauvons les Gohards, une réunion sur le même sujet, mais moins officiel, était annulée par la direction de l’école qui forçait tout le petit groupe, dont le même Karim Lahiani, a trouver une autre salle de dernières minutes. C’est donc avec une certaine malice que nous tenions à aller écouter cette opposition politique  souhaitée par la direction.


Après une longue introduction du directeur, brossant le poil de tous ses partenaires, Charles Rives pose la problématique du jour . Il évoque le conflit entre la puissance publique et la métropole en croissance et ses habitant.es, et la possibilité d’un espace de négociation, une coexistence, entre le projet idéal non ancré dans le réel (qui décide ce qui est dans le réel ??) et la puissance publique qui ne bouge pas du projet initial.

Le programme est donnée : une première phrase de contexte sur le projet, une deuxième sur la dialogue et la (re)politisation du spatial et enfin une conclusion.


Le contexte, nous serons bref ici (si vous êtes déjà venu.es, c’est souvent par cela que nous commençons notre histoire). Passé maraîcher, puis départ dans les années 70/80 dû à la pression métropolitaine et aux pratiques intensives naissantes, peu adaptées aux petites parcelles du vieux Doulon.

 L’historique du projet, nous le connaissons un peu moins. Dans les années 2000, la ville estime sa réserve foncière à 200ha. Et depuis lors, la population a pris 25%. Pour faire quelques comparaisons (pas faite ce jour là), la métropole a gagné 45 000 personnes entre 2016 et 2022. Avec les 2300 logements de Doulon Gohards (soit environ le double en nombre de personne), un tel projet n’accueillerai même pas une année de nouveaux arrivants. Sans même parler des personnes qui vivent déjà à Nantes dans la précarité. Bottière Chenaie avait déjà bétonné 35ha pour tenter de répondre à ce problème insoluble.

Revenons au projet. En 2005 (Bottière Chenaie n’existe pas encore), les 1ères études de faisabilité sont faites. Puis depuis 2012, le projet est rentré dans sa phase active. Notre intervenant nous parle d’un projet innovant (nous découvrons le terme agroquartier, qui ringardise déjà les écoquartiers) bien qu’il conserve sa logique descendante, laissant en marge la parole publique.

S’en suit une contextualisation de la lutte contre le projet. La crise des gilets jaunes, la convention citoyenne pour le climat, la loi zéro artificialisation nette, Nantes en Commun au municipal et le début de la contestation de Sauvons les Gohards. Nous n’existons pas dans ce descriptif. Pourtant, L’Atelier Georges nous connaît puisque nous avions été contacté il y a quelques mois. Nous sommes, sans surprise, dans l’opposition non ancrée dans le réel.


Karim Lahiani prend ensuite la parole. Sollicité par Nantes en Commun en 2023 pour réaliser un contre projet. Il insiste sur la nécessité de repolitiser le métier d’architecte en mettant les projets dans le débat publique. Le but du projet est d’être un manifeste qui peut faire évoluer les imaginaires et les pratiques.

Une grande partie de son intervention est une description du contre projet dont on ne fera pas ici la description (on vous laisse le soin d’aller chercher les détails qui vous intéresse).


Dans ce contexte d’opposition, Charles Rives décrit l’arrivée de l’Atelier Georges sur le projet. L’histoire racontée est magnifique : l’Atelier Georges croit au service publique, au dialogue citoyen. Iels posent dès le début leur condition : refaire des études de sol détaillées et discuter avec les artisans de ce contre projet. De là, les modifications qu’on vous détaillait dans un article précédent : diminution des espaces bétonnées, et donc du nombre de logement (6ha de moins sur les 50 initialement prévu, de 2700 à 2300 logements). Un nouveau « plan guide » dur  à comprendre pour les non architectes que nous sommes : on comprendra que leurs plans seront les mêmes qu’auparavant mais avec plus d’informations, plus d’actualisation (pareil, mais mieux, attention !).


Il faut ensuite conclure. Et c’est tache ardue quand rien ne change mais qu’il faut montrer l’inverse. En fait, l’Atelier Georges n’a pas tous les pouvoirs car c’est l’état et/ou la métropole qui décide. En fait, l’Atelier Georges et Karim Lahiani n’ont pas vraiment pu discuter (même si tout reste à construire bien évidemment). On n’évoque maintenant la conditions des roms mais pour mieux s’extraire de toute responsabilité (l’atelier Georges doit gérer les compensations environnementales, pour ce qui est des expulsions, il ne peut rien faire).


Voila, c’est fini. Quelques questions et au revoir. Nous sommes un peu décu.es. Où est l’opposition des points de vue ? Selon quels critères discerne-t-on entre le discutable et le non discutable ? Quand peut-on nommer qu’aucun point de ce qu’ils circonscrivent comme « espace du discutable » ne coïncide avec la perspective d’une habitabilité de la planète dans les siècles à venir ? Le raisonnable n’aurait-il pas perdu la raison ? N’y a-t-il pas une façon d’influer sur le réel (n’est-ce pas le rôle du politique ?) pour que ce qui apparaît comme inéluctable ne le soit plus ? Ces 45 000 personnes doivent-elles être perçues comme une fatalité, alors même que Nantes Métropole s’active tous azimuts pour grossir et grossir encore ?  

De l’Atelier Georges, nous n’attendions pas autre chose. Charles Rives travaille pour la ville, dans ce projet comme dans d’autres (notamment le nouveau CHU, également très critiqué). Nous ne doutons pas qu’il souhaite faire au mieux, qu’il proposera à la ville les aménagements les plus écologiques, avec le plus de norme. Mais il a déjà accepté le cadre, la doctrine politique de la métropolisation, son rôle dans la machine de l’urbanisation.

La place de Karim Lahiani pose plus questions. Dans cette scène d’un réformisme banal, il a le rôle d’opposition mais permet surtout à l’Atelier George de se placer en raisonnable. Quelle remise en cause structurelle est possible quand on permet aux aménageurs de dérouler leur discours ? Car cette fois ci encore, on nous expose une nouvelle manière de concevoir la ville qui sera bien plus inclusive et écologique que la précédente.

Au delà de légitimer le projet ce jour là, le rôle des contre projets est également un sujet discussion entre nous. Répondre à un projet d’urbaniste par… un autre projet d’urbaniste. N’est on pas dans la même situation que l’écoquartier qui répond à au quartier ? (ou, pour être à la pointe de la modernité, l’agroquartier à l’écoquartier). Il existe déjà de nombreuses dynamiques à Doulon, hors du champ de la mairie et de ses aménageurs. Et les besoins en logement ont des causes qui dépassent très largement le champ d’action d’un projet d’urbanisme. En répondant par la même voie aux projets que nous critiquons, nous légitimons l’existence même d’un projet, son vocabulaire, sa nécessité, ses objectifs. Cette voie nous condamne à dépendre des mêmes experts qui mettent en œuvre ces projets. Et, au final, ne nous condamne-t-elle pas à proposer de grandes nationales au lieu des autoroutes, et des aéroports régionaux plutôt que des nouveaux hubs de transports européens ?

Bref, tout changer pour que rien ne change…

Chantier collectif Ronces&Grenier

Le collectif du jardin des ronces ainsi que les greniers des soulèvements vous invitent à un chantier collectif le dimanche 7 décembre de 10h à 17h. Ce sera l’occasion de dégrossir tous les travaux d’hiver : déroncage en tout genre, préparation de parcelles, tri du matériel, … Comme d’habitude, pas besoin de s’y connaitre ou d’avoir une quelconque condition physique : il y a 1000 choses à faire, de quoi plaire à tout le monde.

Un lien pour s’inscrire (pour nous permettre de prévoir les différentes taches et le repas du midi) : https://framaforms.org/chantier-participatif-commun-au-jardin-des-ronces-1761203887. Nous serons plus que d’habitude donc nous prendrons avec plaisir quelques outils supplémentaires (notamment des cisailles et des houes).

Il n’est pas nécessaire de mettre la main à la patte pour venir, c’est aussi l’occasion de voir le jardin en pleine effervescence ou encore de partager le repas ou une boisson chaude.  

Évolution du projet Doulon-Gohards : petites avancées, même critique

Le dimanche 12 octobre, Nantes Métropole organisait à l’ITEP son 7e forum festif de Doulon-Gohards. Quelques nouveautés dans un flot de constances.

On ne va pas vous faire une grande description de cette fête, on y était pas. On était à peine au courant.

Sûrement qu’on avait encore la tête dans la fête de l’automne du week-end dernier (c’était très chouette, merci d’être venu·es en nombre !!).

Mais on a eu quelques retours et un article de presse océan : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/de-nouveaux-espaces-naturels-dans-le-projet-doulon-gohards-a-nantes-b8a74ef2-a77e-11f0-aa8e-e39f42e4d309


La grande annonce : 6 hectares d’artificialisation en moins.

Une bonne nouvelle, c’est évident. Une zone urbanisée en moins vers le bois des Anses, plus rien au sud de la de la Noé Garreau, quelques modifications de part et d’autres de la rue des Petites Rues, …

Le plan annoncé de Doulon Gohards jusqu’à cet été
La nouvelle version

Mais ce ne sont pour l’instant que des éléments de communication.

Aucun engagement,

Aucune modification des plans d’urbanisme (tout est toujours majoritairement constructible).

Rien ne nous dit que dans quelques années, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’insatiable métropole n’aura pas de nouveau besoin de terres fraîches pour assouvir sa faim.

Quelques réflexions sur les raisons de cette modification

Si ce n’est pas l’arrêt du projet, ce sont bien des terres grappillées sur le béton.

Simon Citeau, élu eelv à la mairie de Nantes décrit avoir « poussé le curseur en matière d’environnement ».

Qu’est-ce qui aura inspiré cette modification ? Simon Citeau et la mairie ne se sont pas levé.es un matin en se disant qu’il fallait finalement préserver plus de terre.

Sans doute, pour partie, des éléments qui nous échappent : réévaluation de besoins, volumes d’investissements disponibles, etc.

L’approche des municipales dans moins de 6 mois joue sûrement. C’est le moment pour la mairie de montrer à quel point elle est à l’écoute des critiques ! La concomitance entre cette concession et l’annonce des Ecologistes de se ranger derrière la candidature de Johanna Rolland serait-elle un hasard ?

Mais sans doute aussi que le rapport de force citoyen y est pour quelque chose.

Celui qui est porté par le Jardin des Ronces depuis plus de 10 ans, par l’occupation et la critique politique du projet.

Celui qui est alimenté par les actions en justice de Sauvons les Gohards, qui ont permis de condamner la mairie.

On peut aussi penser que l’épisode de cet été avec la tentative d’expulsion du bidonville du Moulin des Marais 2 a joué sur ces récents changements (rappel ici : https://lesronces.noblogs.org/post/2025/08/16/suite-des-menaces-dexpulsions/). Peu de chances que la ville se soit mise à écouter les revendications des habitant.es ou de Roata, mais on a pu voir le poids médiatique et politique donné aux riverain.es opposé.es à l’installation (et non à l’expulsion, nuance cruellement importante) : articles de presse, réception à la mairie à deux reprises, fin de ce projet.

Sur ce sujet, Simon Citeau a également évoqué un « futur site d’accueil de familles roms et l’accompagnement mis en place« . Nous en parlions dans un autre article (https://lesronces.noblogs.org/post/2025/08/11/doulon-gohards-a69-de-nantes-entre-expulsion-des-plus-precaires-destruction-despaces-proteges-en-pleine-periode-de-nidification-et-assechement-de-zones-humides-rien-ne-change-dans-le-monde-des/), Roata propose depuis des années des solutions toujours ignorées. Aujourd’hui, la métropole communique à ce sujet mais ni les habitant.es ni Roata n’ont été consulté.es.

Il y a bientôt deux mois, c’est le même Citeau qui mettait Philippe Barbot, de Roata, à la porte de la 2e concertation des riverain.es. Comment imaginer que ces annonces soient autres choses que des éléments de communication ? Évidemment, nous espérons nous tromper.


Une dernière parenthèse, les Ronces ont été contactées il y a quelques mois par l’Atelier Georges, nouvelle maîtrise d’œuvre du projet Doulon Gohards. Leur demande : prendre en compte notre vision, exposer leur nouveau projet. On a fait le choix de ne pas y aller. On suppose qu’ils nous auraient fait ces annonces avec un peu d’avance mais on est certain·es que notre poids dans un tel cadre se limiterait à quelques détails.

On ne participera pas au détruire « mieux ».

On continuera à mettre la pression là où on le pourra. Peut être que la mairie se lèvera un autre matin en réalisant qu’il faut pousser le curseur en matière d’environnement .. en commençant par ne pas bétonner des zones humides ?


On en profite pour partager quelques éléments du communiqué du DAL44 suite à un événement rappelant les 80ans de l’ordonnance de 1945 sur la loi de réquisitions des bâtiments vides.

10 fois plus de bâtiments vides que de personnes à rue
33 000 logements vides en Loire Atlantique
15 000 à Nantes.

La version 2025 de Doulon Gohards, c’est 2 300 nouveaux logements. Ne nous laissons pas avoir par leur communication, d’autres perspectives sociales et écologiques existent.

Nous ne croyons plus aux mots de ce projet : ni à ceux que le XXe siècle a usé jusqu’à la trame : « attractivité » « croissance »

Nous ne croyons plus aux nouveautés du XXIe siècle, sorties des écoles de communication, mais dont l’épreuve du réel dévoile la fourberie : « ville durable » « concertation » « éco-citoyenneté »

Rejoignez la lutte, pour que nous puissions décupler le rapport de force, et mettre un terme à ce projet à contre-courant de l’histoire.

Chantiers collectifs les dimanches

Rejoins-nous pour mettre les mains dans la terre, chaque dimanche (sauf annulation) à partir de 14h !

Toutes les informations pratiques sont indiquées :
– Si tu souhaites avoir les informations plus détaillées (annulations, type de chantier prévu, …), contacte-nous sur lesronces@riseup.net pour qu’on puisse t’ajouter sur le groupe Signal
– Rendez-vous au 26 rue de la papotière à partir de 14h les dimanches !

Et dans tous les cas, le jardin est un lieu collectif et ouvert où tout le monde peut venir à n’importe quel moment 🙂

N’hésite pas à déambuler et y aller quand tu as envie, pour te balader, faire une sieste, jouer de la musique, lire un livre, …